Vous pouvez avoir une vie qui, vue de l’extérieur, semble aller plutôt bien. Une relation, une famille, un travail, des projets, des personnes qui vous entourent…
Et pourtant, intérieurement, quelque chose semble parfois manquer.
Vous pouvez ressentir une forme de vide, l’impression de ne pas être totalement à votre place ou de chercher quelque chose que vous avez vous-même du mal à définir.
Ce sentiment peut s’accompagner d’émotions particulièrement intenses. Vous ressentez profondément les événements, les relations, les séparations, les déceptions ou les changements. Là où d’autres semblent passer rapidement à autre chose, certaines expériences continuent longtemps à résonner en vous.
Et une question peut revenir régulièrement :
« Pourquoi est-ce que je ne parviens pas simplement à me sentir bien avec ce que j’ai ? »
Le sentiment d’être différent des autres
Certaines personnes grandissent avec une impression persistante d’être différentes.
Elles peuvent avoir le sentiment d’être plus sensibles, de ressentir les choses autrement ou de ne pas fonctionner tout à fait comme les personnes qui les entourent.
Cette sensation peut progressivement participer à la construction de leur identité.
Ne pas être comme les autres devient alors paradoxalement une manière de savoir qui l’on est.
Vous pouvez ainsi accorder beaucoup d’importance à l’authenticité, à la profondeur des relations et au besoin de vous sentir véritablement compris.
Les échanges superficiels vous intéressent peu. Vous recherchez plutôt des relations dans lesquelles vous pouvez être pleinement vous-même et vous sentir reconnu dans ce que vous vivez intérieurement.
Pourquoi les émotions prennent-elles parfois autant de place ?
Lorsque les émotions sont intenses, elles peuvent devenir de véritables repères intérieurs.
La tristesse, le manque, la nostalgie, la peur de perdre une relation ou le sentiment de ne pas être compris ne sont alors pas de simples émotions passagères.
Elles peuvent prendre beaucoup de place et influencer la manière dont vous percevez une situation.
Cela ne signifie pas que vous choisissez de rester dans une émotion difficile.
Mais votre cerveau peut avoir appris très tôt à être particulièrement attentif à ce qui manque, à ce qui pourrait être perdu ou à ce qui aurait pu être différent.
Pourquoi désirons-nous parfois davantage ce que nous n’avons pas ?
Un phénomène peut alors apparaître : ce qui est absent semble parfois plus précieux que ce qui est présent.
Une relation inaccessible peut être idéalisée.
Une personne qui s’éloigne peut soudain prendre énormément d’importance.
Une autre vie peut sembler plus attirante que celle que vous vivez.
Et lorsque vous obtenez enfin ce que vous désiriez, l’intensité peut progressivement diminuer.
Un nouveau manque apparaît alors ailleurs.
Ce fonctionnement peut entretenir une impression permanente d’insatisfaction sans que vous compreniez réellement pourquoi.
Ce fonctionnement peut-il se construire dans l’enfance ?
Il n’existe évidemment pas une enfance particulière qui conduirait systématiquement à ce fonctionnement.
Mais certaines expériences peuvent y contribuer.
Un enfant peut, par exemple, avoir eu le sentiment de ne pas être complètement compris dans ses émotions ou dans sa manière d’être.
Il peut avoir grandi avec un parent peu disponible émotionnellement, vécu une séparation, un deuil, des changements importants ou simplement ressenti qu’il devait être différent pour trouver sa place.
Il peut également avoir beaucoup reçu tout en ayant le sentiment qu’une chose essentielle lui manquait, sans parvenir à la nommer.
Peu à peu, son cerveau construit sa propre carte du monde à partir de ce qu’il vit.
Il peut apprendre que quelque chose manque toujours, que ce qui est précieux risque de disparaître ou encore que l’amour et la sécurité sont davantage associés à ce qui est inaccessible qu’à ce qui est déjà présent.
Ces apprentissages émotionnels peuvent continuer à influencer les relations et les réactions bien des années plus tard.
Quand la comparaison renforce le sentiment de manque
La comparaison peut également prendre beaucoup de place.
Vous regardez parfois les autres en imaginant qu’ils possèdent quelque chose que vous n’avez pas : davantage de confiance, une relation plus heureuse, une famille différente, une vie plus simple…
Mais vous comparez alors souvent ce que vous ressentez à l’intérieur avec ce que les autres montrent à l’extérieur.
Cette comparaison peut renforcer la sensation d’être différent ou incomplet.
Et plus vous cherchez ce qui vous manque, plus votre attention apprend à le repérer.
Comprendre ce fonctionnement ne suffit pas toujours
Vous pouvez parfaitement avoir conscience de ce mécanisme.
Vous pouvez savoir que vous idéalisez parfois ce qui est inaccessible, que certaines émotions prennent beaucoup de place ou que votre vie comporte aussi de nombreux éléments positifs.
Et pourtant continuer à ressentir exactement la même chose.
Parce qu’entre comprendre un fonctionnement et modifier une réaction émotionnelle profondément apprise, il existe parfois une différence importante.
C’est notamment ce que l’on peut travailler en psychothérapie.
Avec la Méthode 4F©, l’EMDR ou l’hypnose, selon la personne et ce qui se présente en séance, le travail peut permettre de revenir sur certaines expériences et sur les apprentissages émotionnels qui continuent à agir aujourd’hui.
L’objectif n’est pas de devenir moins sensible ni de supprimer ce qui fait votre personnalité.
Il s’agit plutôt de pouvoir ressentir intensément sans que le manque, la comparaison ou la peur de perdre déterminent constamment votre manière de vivre et d’entrer en relation.
Myriam Bras
Psychopraticienne à Clermont-Ferrand
Méthode 4F© – EMDR – Hypnose
Consultations en cabinet et en visioconférence