Il arrive que certaines réactions émotionnelles s’installent durablement, même lorsque la situation actuelle ne semble plus les justifier. Anxiété persistante, peur de l’abandon, manque de confiance en soi, réactions excessives ou schémas répétitifs dans les relations ne sont jamais là par hasard.
L’inconscient fait partie du fonctionnement normal du cerveau. Il enregistre en permanence nos expériences vécues, en particulier celles qui ont été trop intenses, trop précoces ou répétées. À partir de ces informations, il met en place des réponses automatiques destinées à assurer notre adaptation et notre protection.
Ces réponses peuvent être adaptées à un moment donné, mais continuer à se manifester bien plus tard, alors même que le contexte a changé. C’est ainsi que certaines réactions émotionnelles persistent, parfois pendant des années, sans que la personne ne comprenne pourquoi elles se déclenchent encore.
Prenons l’exemple d’un enfant dont l’un des parents est souvent absent pour des raisons professionnelles. L’intention du parent peut être bienveillante, mais l’inconscient de l’enfant enregistre avant tout l’absence. Cette expérience peut alors s’inscrire comme une perception intérieure du type : « Je ne compte pas assez » ou « Je ne mérite pas l’attention ».
En grandissant, cette perception peut devenir un schéma de fond, influençant la manière dont la personne se perçoit, entre en relation ou réagit émotionnellement. À l’âge adulte, cela peut se traduire par une peur de l’abandon, des relations insécurisantes, un besoin excessif de reconnaissance ou une difficulté à se sentir légitime.
L’inconscient ne distingue pas le passé du présent. Tant que la trace émotionnelle associée à une expérience n’a pas été intégrée, elle peut continuer à produire ses effets dans la vie actuelle. C’est ce décalage entre le vécu ancien et la réalité présente qui est souvent à l’origine de la souffrance.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à changer les faits du passé, mais à transformer la manière dont ces expériences se sont inscrites. En travaillant sur les mémoires émotionnelles et les réponses de protection mises en place à l’époque, il devient possible d’apaiser durablement ce qui continue de se rejouer.